YCombinator et les Start-ups Africaines

Y Combinator et les Start-ups Africaines

L’Afrique a connu une montée en puissance économique au fil des ans. Cela découle non seulement du potentiel du continent, mais également de la volonté et du savoir-faire unique développé par les Africains au cours des dernières années. L’Afrique change et donc ses habitants. Les jeunes Africains tiennent de plus en plus à créer leurs propres entreprises et à contribuer au développement de leurs pays.

Le rêve africain

L’esprit d’entreprise est certainement un état d’esprit qui a existé dans l’histoire économique de l’Afrique. Des entrepreneurs africains célèbres sont partis de zéro pour créer aujourd’hui des entreprises valant des milliards de dollars. Les sociétés sud-africaines Cell C et Promasidor Holding sont des entreprises qui ont réussi à entrer sur la liste du club mondial des licornes (Unicorn World club). Jumia est l’une des plus importante entreprise dans l’écosystème du commerce électronique en Afrique, créé à Lagos, au Nigéria. Jumia propose des produits diversifiés à des clients dans plus de 20 pays africains. En outre, le rêve d’atteindre un milliard de dollars semble possible aujourd’hui. De nombreuses startups ambitieuses travaillent d’arrache-pied pour devenir une réussite et atteindre le rêve africain. Des entreprises comme WaystoCap, VConnect et bien d’autres pourraient se développer en résolvant des problèmes sur le continent Africain.

Le processus de création d’une start-up est entravé d’obstacles, le Global Entrepreneurship Index (GEI) montre que l’Afrique possède la plus grande force en matière de perception des opportunités, avec des pays comme le Botswana, l’Afrique du Sud et la Namibie enregistrant des scores de 35%, 33% et 31% consécutifs en 2018. Ce dernier reflète la prise de conscience et la compréhension des jeunes Africains des opportunités commerciales qui les entourent.

Pourtant, les jeunes entrepreneurs africains sont confrontés à de nombreux défis, notamment les compétences nécessaires au démarrage, l’acceptation des risques et le capital-risque, cela démontre que les Africains ont obtenu les résultats les plus bas. La plupart des startups du millénaire reposent largement sur la technologie.  

Les défis en Afrique

Le lancement d’une nouvelle entreprise est en soi un parcours semé d’embûches, mais les startups basées sur la technologie ont un double défi. D’une part, la mauvaise infrastructure, en particulier en dehors des grandes villes, le manque d’Internet haut débit et une alimentation électrique faible affectent la connectivité au sein du marché africain, affectant ainsi le fonctionnement des technologies dans leur ensemble. D’autre part, les défis micro et macro-économiques liés à l’instabilité politique, aux maladies mortelles et aux risques de change pèsent lourdement sur l’amélioration globale du marché qui affecte des paramètres essentiels dans les études de marché telles que:

le comportement des consommateurs

Le comportement des consommateurs en Afrique est fortement lié à la culture et à la situation socio-économique du continent. L’absence de la classe moyenne dans la structure sociale africaine est due à la redistribution déséquilibrée de la richesse au sein de la population, malgré la croissance impressionnante du PIB que réalisent de nombreux pays africains.

De plus, des études ont montré que les Africains sont très fidèles à la marque, ce qui rend la pénétration du marché très difficile. Les produits qu’ils choisissent d’acquérir et qui résonnent avec les africains sont des marques qu’ils connaissent bien et qui ne sont pas toujours les produits les moins chers en vente (Naiva et al., 2014). Ainsi, introduire une nouvelle marque sur le marché peut être un défi pour les startups, qui doivent s’appuyer sur un bon processus stratégique menant au marché africain. Cependant, cela pousse les entreprises à fournir des services innovants et des produits de bonne qualité avec une approche et des prix adaptés.

Données sur le marché Africain

L’Afrique remet énormément en question les stratégies traditionnelles de marketing. Le manque de données et de recherches effectuées sur le consommateur et le marché africains ne permet pas aux spécialistes du marketing d’avoir une vision pointue sur le continent.

La plupart du temps, les entreprises se réfugient dans les grandes économies de l’Afrique, telles que l’Afrique du Sud et le Nigéria, et rejettent ces données sur les pays voisins, ce qui entraîne à avoir des données biaisées. Ce qui aboutit à des conséquences néfastes sur l’étude mené sur l’ensemble du secteur. Les pays africains ne sont pas tous les mêmes, chaque pays a ses attributs uniques sur les plans historique, culturel, politique et économique.

De plus, les décisions d’achat sont prises différemment. Par exemple, la sensibilité au prix; la plupart des Angolais consultent les publicités et les magasins et les comparent pour obtenir les meilleurs prix, mais seulement 27% des Kenyans font de même. Les opinions sur les marques diffèrent également selon les pays et les régions (Yaw Agyenim-Boateng, 2015). De ce fait, l’absence des données ne freine pas uniquement les investissements étrangers mais également décourage les jeunes entrepreneurs à investir dans leurs pays natal.

Un autre problème qui empêche l’évolution des startups africaines est la levée des fonds. Le défi ultime pour les startups restera de trouver des investisseurs sérieux et engagés. La levée des fonds pour les entreprises est l’un des goulets d’étranglement directs qui affectent l’écosystème entrepreneurial africain d’aujourd’hui.

Lever des fonds

Malheureusement, la plupart des investisseurs choisissent d’investir dans des marchés sécurisés où dans des entreprises de grande taille. Le risque élevé inhérent au marché africain, ainsi que le stade initial de profit dans le modèle commercial des startups, ont pour conséquence la constitution d’investisseurs potentiels.

Un autre facteur affectant le financement est la mauvaise affectation des fonds. La Société financière internationale (IFC) estime que près de 84% des petites et moyennes entreprises (PME) africaines sont soit mal desservies, soit sous-desservies, ce qui laisse un déficit de valeur du financement du crédit de 140 à 170 milliards de dollars (PeterQuartey, 2017). Cependant, d’autres investisseurs associent le manque de fonds à la faiblesse du business plan de ces projets. Ces difficultés poussent les jeunes entreprises à frapper les portes de sources de financement alternatives.

Y Combinator en Afrique

Des entreprises comme Y Combinator ont compris non seulement le potentiel de l’Afrique, mais aussi les besoins émergents du continent. Il découle de ce fait l’intérêt que manifeste l’entreprise pour l’investissement en Afrique. Y Combinator est une entreprise qui fournit un financement de démarrage pour les startups. Elle est considérée comme le programme d’accélération des startups le plus puissantes au monde. Cette entreprise de Sillicon Valley a aidé différentes startups  technologiques en Afrique. Elle leur fournir non seulement des fonds, mais également le soutien et le mentorat concrets. Ce dernier se manifeste sous forme de programme accéléré « Y Combinator » de 12 semaines. Les success stories les plus réussis en Afrique sont:

Paystack

Paystack est une solution moderne de paiement en ligne et hors ligne en Afrique, qui aide les entreprises africaines à se faire payer par n’importe qui, partout dans le monde (Paystack.com, 2019). Lancé au Nigeria en 2015, Paystack est entré dans Y Combinator et a reçu 120 000 USD. En outre, Paystack a levé un montant initial de 1,3 million de dollars en décembre 2016 auprès d’investisseurs locaux et internationaux, notamment Tencent, Comcast Ventures Catalyst Fund, Y Combinator, Blue Haven Ventures et Ventures Platform. Les fonds de Y Combinator se sont poursuivis en 2018 avec d’autres investisseurs pour une nouvelle série d’investissements.

OMG Digital

La société ghanéenne OMG Digital, fondée en 2016, est une plate-forme multimédia numérique qui produit un contenu unique et original, adapté au goût et aux intérêts des jeunes africains. Y Combinator a aidé la société à obtenir des fonds de 1,1 million de dollars d’investisseurs internationaux comme Kima Ventures, Soma Capital, Comcast Ventures Catalyst Fund, Social Capital, M & Y Growth Partners et Macro Ventures, avec la participation d’un certain nombre d’investisseurs providentiels (Angel Investors), dont Josh Buckley de Mino Games, et Francis Xavier Helgesen, fondateur de Off-Grid Electric (modernghana.com, 2017).

Helium Health

Fondée par trois entrepreneurs nigériens  (Adegoke Olubusi, Tito Ovia, and Dimeji Sofowora), Helium Health est un dossier médical digital qui contient des données de plus de 500000 patients en Afrique de l’Ouest et qui est utilisé par 5ooo médecins. Grace à Y Combinator, la start-up a pu collecter 2,2 millions de dollars auprès de Western Tech, GreenHouse Capital, Cantos Ventures, A-Level Capital, des investisseurs providentiels (Angel Investors) et d Y Combinator lui-même.

Oolu

Oolu est l’une des entreprises solaires hors réseau à la croissance la plus rapide en Afrique de l’Ouest. Il remplace les solutions d’éclairage sales et coûteuses par des alternatives d’énergie durable. Cette initiative répond au besoin des 150 millions de personnes vivant sans électricité en Afrique de l’Ouest. Oolu lève une série de 3,2 millions de dollars dirigée par Persistent Energy Capital avec la participation d’Y Combinator afin de renforcer sa position de leader dans le secteur de l’énergie solaire hors réseau en forte croissance en Afrique de l’Ouest francophone.

InstaBug

Lancé en 2013 en Égypte, Instabug est une application mobile qui permet à ces utilisateurs de signaler les bugs des applications. L’application collecte les différentes bugs signaler  et les joints avec autre informations des utilisateurs afin de permettre aux développeurs de ces différentes applications d’améliorer le système d’opération et la qualité de service offert. Instabug a pu lever un fond d’investissement équivalent de  de 1,7 million de dollars d’Accel Partners. Amr Awadallah, cofondateur de Cloudera, et Jim Payne, fondateur et PDG de MoPub, figurent également parmi les investisseurs providentiels de l’équipe d’investisseur.

Y Combinator et WaystoCap

WaystoCap est la première start-up marocaine ayant pu bénéficier du programme d’accélération basé aux États-Unis, Y Combinatory. Ce programme a permis à WaystoCap de lancer une série de semences auprès de Y Combinator (YC), de Battery Ventures et d’un certain nombre d’autres grands investisseurs en début de croissance par un lever près de 3 millions de dollars en avril 2017.  

WaystoCap est la première startup africaine exclusivement B2B qui facilite les échanges commerciaux entre exportateurs et importateurs Africains ou étrangers via une plateforme internet dédiée.

WaystoCap propose plusieurs services dont les principaux sont: WaystoCap Marketplace, WaystoCap local, WaystoCap Logistics  et WaystoCap Market Inteligence. Chacun d’eux est unique au contexte africain et résout une partie du paradigme commercial.

Certes le continent africain rassemble plusieurs facteurs décourageants et confrontée à de nombreux problèmes à différents niveaux.  Ce dernier pousse ces jeunes de s’investir ailleurs. Cependant, prendre du risque et détourner ce climat stimulant est aussi un attribut majeur dans l’ADN africain. Aujourd’hui, le monde en parle non du rêve Américain mais du rêve Africain. Un rêve qui permet à ces corroyeurs de transformer ses problèmes et ses besoins à des opportunités prometteuses et a des solutions pouvant valoir un milliard de dollars à l’avenir. 

The Global Entrepreneurship Index (GEI)

Factors affecting the consumer decision making process in Africa

InstaBug

Oolu

Helium Health

OMG Digital

Paystack

 

 

 

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